29/02/2008

29/02/08 - 15:14

Novlangue

On a tort (enfin, surtout moi) d'évoquer "1984" uniquement au regard des formes de vidéo et cyber surveillances qui se mettent en place de manière exponentielle. C'est oublier que l'arme la plus dangereuse et la plus efficace utilisée pour contrôler les esprits est celle qui leur permet de se construire et d'interagir : la langue.

Alors que les vieux cons nous font chier (notez le changement de registre :-) avec le danger et la misère que représente le langage texto, pourtant emprunt de poésie et d'innovation, il n'y en a aucun pour s'émouvoir des abus quotidiens que représente l'utilisation de mots comme rétention en lieu et place de détention. Et pour cause !

« Les limites de ma langue sont les limites de mon monde » - Ludwig Wittgenstein

28/02/2008

28/02/08 - 16:40

Bon sens

Du côté des tendances, voici aussi une expression qui connaît aussi un vif succès. Le bon sens... qui ne saurait mentir, nous dit-on. Pourtant comment faire confiance à une association de mots qui peut s'entendre de si différentes manières ? Quoi de commun entre le bon sens qui désigne le sens correct par opposition au mauvais sens, et le sens du bon, du juste, du vrai ? Le sens commun, justement. Le bon sens, ou sens commun. Commun à qui ? à quoi ? Une fois encore, qu'en dit Wikipédia ? "La notion de sens commun se rapporte à une forme de connaissance regroupant les savoirs socialement transmis et largement diffusées dans une culture donnée : normes, valeurs, et symboliques. Ce type de savoirs peut se révéler inexact, incohérent, incomplet ou erroné : le sens commun sert à interagir au sein d'une culture données en connaissant les règles et normes admises. Le sens commun désigne donc une forme de connaissance s'acquérant généralement par la socialisation, par opposition aux savoirs scientifiques qui exigent l'emploi de méthodes scientifiques." Suit : "Le sens commun est constitué de savoirs organisant la vie sociale, mais pas forcément exacts. Le sens commun ne s'embarrasse pas des règles de validation qu'exige la science, ni même de la critique que la philosophie implique. Il est un savoir économique, permettant de donner sens et répondre à peu de frais aux problèmes et informations que les individus peuvent rencontrer dans la vie courante. Il est perçu comme "naturel", "inné"; il semble aller de soit : « Je ne vois pas comment je pourrais penser et agir autrement. »

Petite conclusion Bourdieusienne : « évidences immédiates et souvent illusoires »

27/02/2008

27/02/08 - 15:59

Pouvoir... d'achat ?

Ca fait plus d'un an maintenant que cette expression toute faite (et bien d'autres) est sur toutes les lèvres, sans que, pour l'heure, je ne vois personne l'interroger. Peut-être parce qu'elle est limpide pour tout le monde, ou peut-être parce qu'elle englobe toutes sortes de constats pas très valorisants. La sentence du moment étant "Wikipédia est ton ami", qu'en dit la belle encyclopédie ? Elle renvoie sur le site de l'INSEE, qui définit le dit "pouvoir d'achat" ainsi : "Le pouvoir d'achat du salaire est la quantité de biens et de services que l'on peut acheter avec une unité de salaire. Son évolution est liée à celles des prix et des salaires. C'est ainsi que, si les prix augmentent dans un environnement où les salaires sont constants, le pouvoir d'achat diminue alors que si la hausse des salaires est supérieure à celle des prix le pouvoir d'achat pourra augmenter. La notion ici retenue est le salaire mais le raisonnement s'applique à l'ensemble des ressources (travail, capital, prestations familiales et sociales...)." Tiens ? A l'INSEE on n'ose pas mélanger d'emblée salaire et capital... peut-être une précaution judicieuse. Passons. Encore que non, ne passons pas. Pour que la définition prenne tout son sens il faut aussi interroger ce qu'est le salaire, selon l'INSEE, toujours : "Le salaire est le paiement du travail convenu entre un salarié et son employeur." On obtient donc : Le pouvoir d'achat est la quantité de biens et de services que l'on peut acheter avec une unité du paiement du travail convenu entre un salarié et son employeur. En théorie donc le pouvoir d'achat est quelque chose de contractuel, et négocié.

A partir de ce petit jeu de définitions, on pourrait en conclure que le "pouvoir d'achat" mérite son nom en raison des deux sources de pouvoir que sont : 1) l'acte choisi et délibéré d'achat ou de non achat - 2) la négociation équitable sur le prix du travail.

Or... comment dire... serait-ce un leurre que ce pouvoir ?

26/02/2008

26/02/08 - 19:02

...

Un point c'est tout. C'est Tout. Vraiment tout. Tout ou rien. Un point de départ. Un point d'O. Un point poing. Un poing c'est tout ?